Augustin RIU, 86 ans, accueilli à Lure, puis interné à Miellin à l’âge de 11 ans

Augustin Riu, aujourd’hui âgé de 86 ans, est un ancien réfugié du Camp de Miellin. Augustin, lorsqu’il évoque le Camp de Miellin, parle de « son stage »…

Difficile de raconter des évènements vécus il y a 75 ans.
Je vous livre mes souvenirs d’enfants dont je parle peu, ni à mes enfants, ni petits-enfants.

Nous quittâmes Barcelone, le 23 janvier 1939, vers 10 heures du matin, ma mère, ma sœur et moi-même. Mon père était au front.
Nous avons subi des mitraillages par l’aviation, le jour même de notre départ. J’ai vu des morts et des blessés parmi les gens.
Nous sommes arrivés à la Junquera où s’entassait déjà des milliers de personnes. C’est indescriptible. La frontière étant fermée, nous étions tous dans la nature, bloqués sur cette route, sous le froid et bien-sûr la pluie. Rien à manger. Malgré les cris de ma mère, j’ai traversé tous ces gens et suis allé dans le village. Les hommes qui étaient là, avaient pris d’assaut un grand bâtiment et jetaient tout par les fenêtres. J’ai pu récupérer une caisse qui était pleine de boites de concentré Nestlé. Cela nous a permis de tenir trois jours.
Puis des camions sont arrivés à la Junquera et nous avons eu du pain, et du fromage de Hollande.

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Cérémonie d’inauguration de la stèle du Camp de Miellin du 25 septembre 2011 – Vidéo disponible

La stèle à la mémoire des centaines de femmes, enfants et invalides, réfugiés républicains espagnols internés à Miellin (Haute Saône) entre 1939 et 1941 a été inaugurée le 25 septembre 2011, à Miellin.

Le Préfet Eric Freysselinard, arrière petit-fils d’Albert Lebrun (15ème Président de la république française du 10 mai 1932 au 10 juillet 1940 a rendu hommage aux réfugiés républicains espagnols et entendu le bouleversant témoignage des anciens.

Le film de la cérémonie d’inauguration de Guy Baudon, réalisateur de films documentaires, enseignant cinéma, est maintenant disponible sur Youtube.

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Mémoire à demeure – Un film sur le Camp de Miellin

Le court-métrage « Mémoire à demeure » réalisé par la seconde arts visuels du Lycée Edouard Belin de Vesoul a remporté le deuxième prix « Souvenir » au Festival des Lumières de Luxeuil en 2014.

Ce court-métrage sur l’exil des républicains espagnols du Camp de Miellin, a été réalisé par deux classes de seconde, sous l’égide de Madame Depery avec l’aide de Mesdames Morales, Vauret et du cinéaste Alain Baptizet.

Parmi les interviewées, il y a Carmen, notre déléguée régional Franche-Comté.

Merci à toute l’équipe enseignante et aux élèves.

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Aurélia Moya-Freire avait 13 ans à son arrivée au Camp de Miellin

Sept mois dans une famille vosgienne
… Nous avons été conduits, dans un train spécial bondé de réfugiés, en Haute-Saône aux confins du ballon d’Alsace. A chaque arrêt du train, nous étions nourris et réconfortés par la Croix Rouge et les Comités français d’aide à l’Espagne républicaine. Finalement, ma famille avec une dizaine de compatriotes a été dirigée vers le petit village de Plancher-Bas, près de Lure, où les enfants du groupe ont été recueillis par des familles ouvrières. Je fus adopté par les Grisez (dits Pily) et mes cousins, par les Lombard, les Cardot et les Eloi. Nous avons passé sept mois dans ce village, nouant avec ces familles des Vosges des liens qui ont résisté à l’usure du temps et perdurent encore 60 ans plus tard.

AURELIA-FAMILLE GRISEZ-PLANCHERBAS1939

Sans nous faire oublier notre chère Espagne – chose impossible – ces mois au Plancher nous ont apporté un apaisement moral et physique qui n’avait pas de prix après les épreuves de l’exode.

A nouveau dans un « centre » d’accueil…
Aussi, est-ce un vrai désarroi qui nous assaille, quand à la mi-septembre 1939, nous sommes sommés de quitter ces foyers si accueillants, pour rejoindre le centre d’accueil de Miellin, dans une enclave de la forêt, au pied du ballon de Servance (1216 m, point culminant du massif vosgien). Le site du centre n’incitait guère au rêve. Séparé du monde extérieur par des montagnes boisées de sapins aussi droits et fiers que des « hidalgos », il n’offrait au regard aucune habitation, si ce n’est la pointe du clocher du village de Miellin qui émergeait au lointain. Dans ce décor forestier, se dressait une hideuse usine désaffectée qui tenait lieu de refuge, à nos familles : les Moya-Canals, les Moya-Tarros et les Puig-Lléonard, en tout trois familles, cinq enfants et trois adolescents.

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Le tissage Rochet

Parmi les tissages qui, dans chaque village au début du XXème siècle, étaient synonymes de modernité industrielle et d’élévation du niveau de vie, le tissage de Miellin constitue une anomalie.

Le bâtiment fut le dernier construit et le premier fermé, coûtant cher et ne rapportant rien ! Son édification débuta en 1925, entre le Champ de la Grange et l’Es Cardot sur un terrain de rive droite de la Doue de l’eau, préalablement nivelé. Les murs étaient en granit tiré des carrières du village, et une ligne électrique fut installée par la centrale de Ronchamp, les petites turbines fournissant du courant au village n’ayant pas une puissance suffisante pour l’usine.

En 1930, tout était prêt, les métiers en place, et une femme du tissage du Haut-du-Them, Madame Bresson, vint faire des essais de démarrage de fabrication, réalisant quelques mètres de tissu.

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Exil de Ramon Safon Castello et de sa mère

Ramon Safon est né en 1929 à Barcelone ; réfugié en janvier 1939 avec ses parents, il  passe la frontière par les Illes (Pyrénées Orientales) avec sa mère. Ils sont accueillis dans une vieille prison désaffectée en guise de refuge par la ville de Gray (Haute-Saône) jusqu’en septembre 1939 ; puis Ramon et sa mère sont dirigés vers le « camp de concentration » à Miellin, dans une vallée jusqu’en avril 1940.

Je me souviens que des camions, accompagnés de gendarmes, vinrent nous descendre du Boulou à Perpignan. A partir de Perpignan, de vieux trains, chargés de femmes et d’enfants, tirés par des locomotives poussives, s’infiltrèrent entre le trafic ferroviaire régulier, avec des arrêts  sur des voies de transit ou de garage, gardées par des cheminots qui nous saluaient parfois le poing levé.

Un jour et une nuit, entassés sur les banquettes avec nos maigres baluchons et la fringale au creux de l’estomac ; deux jours et une nuit, les mères sur le qui vive, découvrant des noms de gares, quêtant par les fenêtres un message de l’on ne savait quelle reconnaissance des lieux, interpellant quiconque longeait les quais ; parfois, un ouvrier qui travaillait sur le ballast nous criait, baragouinant l’espagnol, de ne pas nous tourmenter, que l’on ne nous retournait pas en Espagne, comme nous le craignions, pour nous remettre entre les griffes franquistes ; que le train se dirigeait bel et bien vers l’est ou le nord de la France.

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Mai 1940 : les propriétaires mettent en vente le « camp de Miellin »

Le rapport de M. JACQUES-HENRY (préfet du département) et Délibérations du Conseil Général [Ve SESSION ORDINAIRE de 1940 – Session extraordinaire du Samedi 29 Juin 1940] nous apprend que les propriétaires ont souhaité vendre le camp de Miellin, qui « abritait » encore des réfugiés pour la somme de 100.000 francs. La vente n’a pas été conclue, la propriété est toujours dans la même famille

Extrait :
COMMUNE DE MIELLIN
Offre d’achat de la propriété Walser.
M. JOLY, rapporteur.
Au sujet de cette affaire, tes renseignements ci-après sont
fournis par M. le Préfet ;

Pour assurer le logement des réfugiés espagnols, j’ai loué au compté de l’Etat Une propriété : sise à Miellin,- appartenant à MM. -Walser et Croissant, co-propriétaires, demeurant à Belfort et Clairegoutte.

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